Ainsi donc la lésion ostéopathique se caractérise par sa
fixation, sa permanence dans l’espace corporel et le
temps. Toutefois cette lésion, qui se signale par les
phénomènes lésionnels qu’elle engendre et/ou qui s’objective
par la palpation voire la radiologie, peut être bien compensée
ou adaptée et ne présenter aucun caractère d’irritabilité plus ou moins
apparent à son endroit, aux alentours ou à distance.
On appelle cette lésion ostéopathique une lésion muette.
H. FRYETTE l’appelait lésion endormie ce qui est plus juste car cela
veut dire qu’il suffira de peu pour la réveiller.
Bien que je ne
prétende pas que la lésion ostéopathique soit le facteur étiologique
principal dans toutes les pathologies, on peut dire
qu’il faut toujours la considérer comme un facteur
sensibilisant et prédisposant dont l’importance
clinique est fondamentale.
«Le
mouvement c’est la vie» ou encore
«le
mouvement est la forme d’existence de la matière
»
(ENGELS
)
Tout le traitement consistera à redonner
au moyen de la main la mobilité là où elle a
été perdue. En effet l’expérience ostéopathique a montré que
l’application experte et spécifique de forces, dans le but de normaliser les
relations structurelles et fonctionnelles et de réduire
les restrictions de mobilité, relâchera les tensions
dans les muscles, les ligaments et les capsules articulaires
qui ont un rôle important dans le maintien de la pathologie de la lésion.
Ceci pourra dans de nombreux cas être obtenu rapidement et en peu de
séances et dans des cas de chronicité et d’ancienneté de la lésion avec un
peu plus de temps et de séances.
Les façons
de procéder sont diverses mais le praticien devra
toujours se rappeler que : «Le savoir-faire
vaut mieux que le savoir
»
(BEAUMARCHAIS).
Dans un blocage articulaire
très fort c’est très souvent le «thrust» qui sera
utilisé. Le thrust est un geste correcteur qui se fait au moyen du pouce,
du talon de la main ou du pisiforme (il porte alors le nom de «Toggle
recoil») d’une haute vélocité et d’une très courte amplitude et qui
ne doit pas provoquer de douleur.
Le thrust en effet permettra
par la mise en jeu du réflexe myotatique
inverse, la décoaptation des surfaces articulaires, laquelle peut permettre un
meilleur ajustement dans l’espace des surfaces articulaires en
présence.
FRYETTE lui-même
recommande le thrust quand le tissu est dur c’est à dire en
cas de lésion chronique.
Ce qui convient de rajouter
pour rendre justice aux techniques directes injustement
décriées par certaines écoles c’est que celles-ci
permettent au mieux le processus de dépolarisation au niveau de
terminaisons ou de synapses nerveuses.
Il existe d’autres méthodes
ostéopathiques ayant leur utilité et même assez souvent une priorité
suivant les cas, les régions et les âges.
Par exemple les techniques
isométriques ou myotensives de par leur douceur et
leur répétition permettent certains auto-déblocages
aidés, certains réajustements articulaires mais aussi
musculaires par le jeu de la proprioceptivité.
Plus douces encore sont les techniques
d’auto-restauration de la mobilité par positionnement (celui-ci se faisant
en général dans le sens de la lésion).
Enfin il faudra
toujours se souvenir de ce que disait Andrew Taylor STILL, fondateur de
l’ostéopathie, à propos de la lésion ostéopathique : «Trouvez-la, réduisez-la et laissez-la
».
- Trouver la
lésion ostéopathique c’est faire un bilan avec ses conséquences locales
et/ou à distance.
- Réduire la
lésion ostéopathique c’est supprimer les paramètres perturbateurs de cette
lésion.
- Laisser la lésion
ostéopathique c’est laisser le corps se régulariser
lui-même.
«La pensée physiologique pour devenir
lucide doit ranger les résultats de
ses recherches dans l’orbite de l’auto-régulation.
La pensée clinique et thérapeutique doit être dominée par
l’omniprésence de l’auto-guérison, de
l’auto-pharmacologie
» (SALMANOFF).