Technique ostéopathique ou traitement ostéopathique ? That is the question. Face à cette question existentielle ô combien contemporaine, Still, Sutherland, Littlejohn et consorts ont sans nul doute dû se bloquer bon nombre d’iliaques et de lombaires en se retournant dans leurs tombes…
Même ma femme
« Tout le monde manipule, même ma femme, à qui j’ai appris à passer mes dorsales douloureuses », m’avouait récemment un confrère rhumatisant. Eh oui, tout le monde manipule ! Tout le monde utilise des techniques ostéopathiques, ou étiopathiques, ou chiropractiques, ou « rebouteupathiques », ou tout ce que vous voudrez… Tout le monde manipule, certes. Mais qui donc sur la planète craking, effectue des traitements ostéopathiques dignes de ce nom ? Loin de nous l’idée de condamner ou de blâmer les techniciens de la « paluche », mais qu’ils aient la décence et le respect d’appeler un chat un chat, et un traitement un traitement ! Et comme on voit toujours la paille dans l’œil du voisin, etc., ne traitons pas nous même de « traitement ostéopathique » un simple trust vite fait sur le grill.
Boîte à outils
Ce n’est pas parce que je sais utiliser une clé à molette que je suis plombier. La clé à molettes n’est qu’un des outils de la boîte du même nom, habilement utilisée par le plombier, fut-t-il polonais ou franco-britannique. Il en est de même pour la technique « double Nelson » dorsale en matière d’ostéopathe. Ce n’est pas parce que je sais « passer » une dorsale ou un astragale que je suis ostéopathe. CQFD ! Il y a dans la caisse de l’ostéopathe de nombreux outils : une clé crânienne, un tournevis viscéral, une chignole biomécanique, des chaînes ascendantes et descendantes, etc. En paraphrasant le mot célèbre, attribué à Beaumarchais et repris par Jean-Pierre Hortoland, notre maître à tous : « Le savoir-faire vaut mieux que le (faire) savoir », rendons à César ce qui appartient à nos prédécesseurs. Car être ostéopathe, c’est évidemment savoir se servir avec art et méthode de tous ces outils, dans un savant dosage et une alchimie intime dictés par le corps que l’on aborde avec modération et humilité, of course !




